L'historique du terrain

Les textes sont extraits du livret "L'Aéroclub de Savoie... raconté par quelques anciens", de Gilbert GRUFFAT, Henry DALIX, Michel BATOUX (et d'autres contributeurs...), disponible en vente à l'aéroclub.
VOGLANS 1945-1965
La coexistence de l’Aéro-club de Savoie avec le Centre National de la Nouvelle Aviation Française devient difficile ; le matériel de l’aéro-club est réquisitionné sans contrepartie. Une demande est faite auprès du Ministère de l’Air pour l’occupation du hangar de Voglans, qui devient effective le 5 novembre 1945.
En 1949, l’Aéro-club de Savoie se voit confier officiellement le gardiennage de la piste de Voglans. Pour son activité et pour le logement d’un gardien et de sa famille, il peut utiliser :

- un hangar de 50 x 40 m,
- une annexe de 145 m2,
- un chalet comprenant 4 pièces + WC
Pour des raisons liées au tourisme, le club est autorisé à exploiter un bar restaurant sous licence IV (toutes boissons alcoolisées) ; il est tenu par Monsieur Drillon.
La piste en herbe se situe dans la zone de réserve naturelle, au bord de la route nationale 201 (Aix - Chambéry) entre le rond-point d’Intermarché et celui de l’aéroport. Le hangar est une partie intégrante des locaux de l’entreprise industrielle actuellement établie à cet endroit. Le chalet a été démoli.
Le club utilisera cette piste pendant 10 ans avec des fortunes et aventures diverses.
Telle cette anecdote qui circule autour du bar « Le Concordia » et selon laquelle, lors d’une courte finale face au lac et sûrement sous le plan d’approche, un pilote a accroché et déchiré avec son train principal, la capote du toit d’une Citroën 2 CV qui roulait sur la route nationale.
L’histoire ne dit pas, à ce jour, si la conductrice a retrouvé sa sérénité et si elle a pu expliquer à son époux une collision avec un avion !
Actuellement, l’emprise de cette ancienne piste est devenue une zone classée réserve naturelle pour la flore et la faune dans le cadre du projet « Grand Lac ».
CHAMBERY le BOURGET 1965-Aujourd'hui

Sous l’égide de Pierre COT, Ministre de l’air, les collectivités locales s’associent pour réaliser un aérodrome mixte (militaire et civil) dans la plaine au sud du lac du Bourget. Ces prés marécageux nécessitent la pose de 30 km de drainage et la mise en oeuvre de 2 000 000 m3 de remblais venant de la colline du Tremblay transportés par des trains de wagonnets sur 12 km de rails. Les travaux se terminent en 1938.
Elu député de la Savoie en 1928, Pierre COT (1895-1977) commence sa carrière ministérielle en 1932 aux Affaires Etrangères. Il est nommé Ministre de l’Air en 1933.
Il passe son brevet de pilote et se lance avec fougue dans la promotion de l’aviation civile et crée la compagnie nationale Air France.
1954
L’Armée de l’Air crée la base pour hélicoptères 725. Cette même année, l’exploitation de cette plate-forme est confiée à la Chambre de Commerce et d’Industrie de la Savoie (CCI). L’activité commerciale démarre en 1960 avec la construction d’une aérogare de 920 m2.
Dès la construction de l’aérogare, l’Aéro-club de Savoie demande un bureau pour y installer son siège.
1963
L’Aviation civile envisage de fermer la piste biaise de Voglans et de construire une piste en herbe parallèlement à la piste enrobée du Bourget ainsi qu’un hangar pour l’aéro-club.
1964
Pour la somme de 4 000 francs, le club cède sa licence d’exploitation de bar restaurant à la CCI qui l’installe dans l’aérogare.

Mars 1965
L’Aéro-club de Savoie reçoit en dotation de l’Etat un hangar de 40 x 15 mètres. Il est monté par les membres du club ; un bureau pour les instructeurs et un atelier mécanique sont également réalisés. Ces aménagements sont réalisés à proximité de la piste gazonnée de 800 x 40 mètres et du parking goudronné.

Fin 1966
Le terrain au nord du hangar est débroussaillé et, en 1967, le club house est construit selon les plans d’Etienne Cabrol président de l’aéro-club. Il est dénommé « Concordia » en référence au Concorde et pour symboliser l’esprit d’unité du club.

1967
La tour de contrôle est érigée près de la piste. Elle comporte au rez-de-chaussée un bureau d’accueil et de contrôle et, au 1er étage, un embryon de service météorologique. Le 2ème niveau abrite les appareils techniques et la vigie entourée d’une passerelle trône au 3ème étage. Le personnel de cette installation est alors sous les ordres de monsieur Frérot, commandant (civil) de l’aéroport.



Le 1er février 1968
La société « Air Alpes » (émanation de la compagnie des Alpes Françaises), dirigée par Michel Ziegler (fils du futur Patron de Sud Aviation) assure les premiers vols vers les altiports avec un Twin-Otter (15 places). Le commandant Guillemin devient le dirigeant de la plate-forme en 1968.
La même année, Air Alpes lance la liaison Chambéry/Lyon-Bron, suivi l'année suivante (1969) de la liaison quotidienne Chambéry/Paris, dont le nombre de passagers culminera à 99 568 passagers en 1983 avant de disparaître en 2002.
1970
Le Beechcraft d’Air Alpes (Paris-Chambéry) se pose dans les marais 500 mètres avant le seuil de la piste 18. L’avion est pratiquement détruit, les passagers (des édiles chambériens) sont indemnes.

1973
La société Rectimo-Aviation s’installe sur le terrain et apporte ses compétences mécaniques ; sa proximité est fort appréciée par le club.
1983
C’est la grande époque des ULM qui, dans l’action de voler, sont pour une meilleure symbiose de l’homme avec l’air. A l’initiative de l’aéro-club et de Jean-Claude Brès, une section est créée. Ces ultras légers motorisés sont autorisés à se poser sur l’aérodrome. Le X-99 tente de nombreux adeptes qui se poseront plus souvent dans le champ de maïs voisin plutôt que sur la piste gazonnée et ceci, par un manque de fiabilité du moteur.
1984
Le commandant Lemaire passe la responsabilité de l’aérodrome à Edouard Simonian. Cette même année débute la création du Musée de l’Air Savoyard dans un bâtiment préfabriqué installé à l’Est du hangar. Les premiers avions sont le Morane-Saulnier 733 de Jacky Bertrand et le Nordécrin 1 203 de Maurice Davoine. Ils ont déjà rassemblé 7 avions et 12 planeurs. Hélas, cette initiative s’arrête avec les décès prématurés de ces pionniers.
La compagnie Touraine Air Transport (TAT)

Concessionnaire, elle exploite la ligne Chambéry-Paris successivement avec un DC 9, un Fokker 28, puis un Fokker 100 (100 places) et met la capitale à 50 minutes de vol de la Savoie. Avec des fortunes diverses cette liaison est reprise par Air France avec un turbopropulseur Dornier, puis par la Pan Européenne (présidée par Bernard Guichon formé pilote privé au club) avec un biréacteur Embraer 135, piloté par le commandant de bord Jean-Pierre Charvin (ex chef instructeur du club). Victime de la concurrence du TGV, cette exploitation cesse en avril 2003.

1987
Située à l’ouest de la piste en dur, la Base Aérienne militaire 725 est fermée suite à une réorganisation de l’armée menée par le ministre de la défense de l’époque (Charles Hernu). Après avoir milité contre les nuisances sonores émises par les hélicoptères de cette unité, les riverains de l’aéroport s’érigent contre la récession économique engendrée par cette fermeture ! L’aéro-club, quant à lui, regrette les bons rapports entretenus avec les chefs de corps de cette base, les colonels Sicre et Bourdeau.
1990
En prévision des Jeux Olympiques d’Albertville de 1992, d’importants travaux sont exécutés :
- Inauguration de la nouvelle aérogare de l’aéroport : sa superficie est portée de 960 à 1920 puis 2600 m2
- 2 allongements portent la longueur de piste à 2020m
- Réalisation d’importants travaux de modernisation qui portent :
- - L’aérogare à 4700 m2
- - Les parkings avions à 35 500 m2
- - Le parking véhicules gratuit à 300 places véhicules légers + 20 emplacements pour bus
- - Les hangars avions à 2200 m2
Coût des travaux : 75 millions de francs, dont 15 millions de francs financés par l’Etat (le reste étant financé à 70% par le Conseil Général et 30% par la CCI.
La multiplication des attentats entraîne une sécurisation renforcée de l’aérodrome. Le « Concordia », pavillon de l’aéro-club, construit dans la zone réservée des installations, est entouré d’une clôture afin de le placer en zone publique.
La mise en place d’une station de carburant fonctionnant avec des cartes magnétiques facilite grandement l’avitaillement et le contrôle des consommations des appareils de l’aéro-club.
1992
Aéroport d’Accueil des Jeux Olympiques d’Albertville.
1993
Aérogare : aménagement d’une nouvelle salle d’arrivée (environ 400m2) pour les vols charters et divers travaux connexes en intérieur et aux abords.
1996
Reprise sans interruption de la ligne Chambéry/Paris par la Compagnie aérienne Proteus airlines, abandonnée par la compagnie TAT et qui opérera ensuite sous les couleurs AIR France avec la compagnie Régional airlines.
1999
L’aéroport de Chambéry/Aix passe le cap des 110 000 passagers.

Début des années 2000
Création de rotations hebdomadaires entre Chambéry et Londres - Stansted par la Compagnie Buzz.
Avec le développement des loisirs d’hiver, l’activité des avions charters des neiges en provenance de tous les pays d’Europe devient importante (jusqu’à 5 000 passagers en fin de semaine). Ces nombreux mouvements en IFR (vol aux instruments) restreignent les vols VFR (vol à vue) de l’aéro-club mais assurent la pérennité du contrôle et des services sur l’aéroport.
Ainsi, la mise en place du suivi radar sécurise aussi les évolutions de tous les appareils, en particulier ceux du club, maintenant tous équipés de transpondeurs alticodeurs.
2001

Atterrissage du plus gros avion de ligne jamais posé à l’aéroport de Chambéry/Aix : un Boeing 757 de la Compagnie Hollandaise Transavia avec 220 passagers à bord.
Après les attentats de 2001 aux USA, le plan « Vigipirate » renforce encore les mesures de sécurité ; l’accès au tarmac est contrôlé par un digicode et une brigade permanente de gendarmerie des transports aériens (GTA) est installée au sud du terrain.
2002
Carole Soufflet devient à Chambéry la première femme en France directrice d’aérodrome.
Nouveau record battu avec 3600 mouvements d’avions à l’année.
En réponse à la demande croissante des tours opérateurs d’Europe du Nord et de Grande Bretagne : agrandissement des salles nationales et internationales d’embarquement.
Mise en place de système de contrôle de sûreté à 100% bagages et passagers.
2003
La ligne de Paris : une logique économique
Après avoir culminé à 99 568 passagers en 1983, la ligne régulière Chambéry/Paris a subi, d’année en année, une érosion inéluctable liée principalement à la performance et au coût moindre de la liaison Chambéry -Centre/Paris centre en TGV, à la baisse générale du trafic aérien due au contexte économique, mais aussi au retrait d’Air France sur la Plateforme au profit de Saint-Exupéry . En avril 2003, c’est l’arrêt de la desserte régulière, la rentabilité de la ligne ne pouvant plus être assurée.
Rachat de BUZZ par Ryanair et abandon des routes exploitées par l’ancienne compagnie. Fin mars arrêt de la ligne Chambéry / Londres-Stansted.
Décembre : création par la compagnie à bas prix Flybe d’une nouvelle ligne régulière saisonnière Chambéry / Southampton 3 fois/jour chaque hiver.
Création d’un espace " Schengen-non Schengen " pour faciliter l’accueil et le contrôle des passagers.
2004
L’aéroport atteint durant l’hiver le cap de 10 000 passagers traités par week-end soit 172 407 pour la saison et 7000 pour la compagnie Flybe.
Le 1er juillet, le conseil général de La Savoie attribue la concession pour l’exploitation, la gestion et le développement de l’aéroport de Chambéry/Aix au partenariat 50 /50 VINCI Airports - Kéolis pour une durée de 7 ans renouvelable.
Ce partenariat public privé est le second du genre au côté de l’aéroport de Grenoble et qui vont tous deux servir de modèles pour les autres aéroports régionaux en France.
Dès la reprise, d’importants travaux sont entrepris : agrandissement des salles d’embarquement, création d’un centre opérationnel, remplacement et informatisation des banques d’enregistrement, dans l’aérogare suppression d’une partie de la passerelle pour un gain de place afin d’améliorer la qualité de traitement des passagers...
Décembre : En raison de son succès l’hiver précèdent, la compagnie Flybe décide d’augmenter ses fréquences hebdomadaires sur la ligne Chambéry / Southampton à 4 rotations / semaine, en janvier ouvre une nouvelle ligne régulière saisonnière Chambéry/Birmingham tous les samedis.
Retour de la ligne Brest / Chambéry tous les samedis affrétée par le tour - opérateur Flywest et opérée par la compagnie aérienne Europe airpost, après une rupture l’hiver précèdent, en raison de la liquidation judiciaire de la compagnie Aéris - Westair.
2005
Le 30 janvier, un nouveau record est atteint ! 12 219 passagers traités dans le week-end.









